plan du site de la réserve naturelle
Entente interdépartementale pour la démoustication
Maison du marais
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La faune
Le Marais de Lavours est particulièrement riche en invertébrés : deux faunes y cohabitent, l’une d’origine septentrionale, relique des glaciations, et l’autre méridionale, remontant par la vallée du Rhône. Fait rarissime, les trois espèces de papillons Maculinea inféodés aux marais vivent dans la réserve naturelle, et une quatrième occupe les pelouses sèches à proximité.
Le Marais de Lavours abrite de nombreux amphibiens, comme la Grenouille rieuse, qui est plutôt liée à la vallée du Rhône, le Triton palmé, la Grenouille agile très abondante dans les prairies humides, la Rainette verte et le Crapaud sonneur à ventre jaune, qui affectionne les ornières en forêt.

Les oiseaux les plus remarquables vivent dans les prairies inondables, les roselières et les étangs : Courlis cendré, Busard des roseaux, Bécassine des marais, Gorgebleue à miroir, Locustelle luscinioïde…

Les mammifères les plus couramment observés sont le Sanglier, très abondant, et le Chevreuil. Le Castor, le Renard, le Putois et le Cerf fréquentent aussi la réserve naturelle. Chez les petits mammifères, on notera l’abondance de la Musaraigne musette et du Rat des moissons dans les prairies humides, qui offrent également des territoires de chasse aux chauves-souris.

     
LA BÉCASSINE DES MARAIS
La Bécassine des marais (Gallinago gallinago) fréquente les milieux ouverts pourvus d'une végétation dense et une humidité au sol persistant toute l'année. Cette humidité lui permet de s'alimenter en forant le sol avec son bec pour en extraire de petits animaux tels que vers, larves; mollusques et crustacés.
Le site choisi pour la nidification est une zone à végétation basse et hétérogène sur substrat riche en matière organique.
Elle est probablement nicheuse dans les prairies à Carex elata, où les touradons et le sol très humide lui conviennent bien : plusieurs mâles chanteurs ont été entendus au printemps 2002. Toutefois, il n'existe aucune mention ancienne concernant la nidification de la bécassine des marais dans le marais de Lavours.
La préservation des zones humides est essentielle pour la survie de cette espèce.
LE CRAPAUD SONNEUR Á VENTRE JAUNE
L'eau qui stagne dans les ornières laissées par le passage d'un tracteur ou dans une flaque sur un chemin forestier suffit à héberger le Sonneur à ventre jaune. D'une taille de 2 à 3 cm, ce petit anoure se reproduit dans ces modestes points d'eau très peu profonds. Il s'agit d'une espèce cependant très aquatique car les adultes possèdent, à l'instar des poissons, une ligne latérale qui leur permet de détecter, sous l'eau, des vibrations.
La raréfaction du Sonneur en Europe inquiète les protecteurs de la nature. En protégeant une population assez nombreuse, la Réserve Naturelle du Marais de Lavours joue pleinement son rôle de conservatoire pour des espèces en danger d'extinction.
LA GORGEBLEUE Á MIROIR

Ce splendide passereau tout en couleurs arbore un plastron bleu brillant particulièrement visible chez les mâles adultes. Seules trois populations nicheuses de gorgebleues, éloignées les unes des autres, sont implantées dans notre pays (Ouest : entre Bretagne et Gironde, extrême Nord et Centre-Est)

L'essentiel des gorgebleues de l'Est de la France se répartit dans les marais de Chautagne et de Lavours. Les gorgebleues sont apparues dans le Marais de Lavours dans les années 1980 en provenance des marais de Chautagne où elles furent trouvées nicheuses pour la première fois en 1972. En 2002, on dénombrait 35 mâles chanteurs dans la Réserve Naturelle.
Les oiseaux arrivent à la mi-mars et les mâles marquent leur territoire en se mettant en évidence sur des points élevés : buissons, piquets de clôture, tas de branches...

Au coeur du marais, les gorgebleues affectionnent les zones où les jeunes aulnes se mêlent à la phragmitaie en lisière des cultures, des couloirs pare-feu où la végétation est fauchée. La proximité d'un petit canal, la présence d'eau stagnante, même de faible profondeur, dans la tourbière apparaissent comme des éléments essentiels. Depuis leur poste de surveillance, les oiseaux s'élancent en chantant, ailes écartées et queue rousse étalée. Ils se laissent lentement tomber comme de petits parachutes au milieu des graminées. Ces exhibitions et poursuites démontrant une forte rivalité entre mâles ont pour but d'attirer les femelles au comportement toujours discret.

Dans les secteurs les plus favorables, on a pu compter trois ou quatre mâles chanteurs cantonnés à l'hectare. Mais cette densité est trompeuse car elle n'est pas uniforme et dépend beaucoup de la structure végétale. Le nid est dissimulé dans une touffe, presque au sol. Dans le Marais de Lavours, nous savons que les premiers jeunes sont volants au mois de mai.

La migration débute en août. Les migrateurs retardataires traînent encore dans la dernière décade d'octobre.

Les gorgesbleues prennent le chemin de la Camargue (un oiseau bagué le 14 juin entre Lavours et Flaxieu est contrôlé dans le delta du Rhône le 24 août de la même année) avant de suivre les côtes Est espagnoles. Pendant l'hiver, elles se répartissent en Afrique du Nord et peuvent descendre jusqu'au Sahel.

LES AZURES


L'Azuré de la Sanguisorbe (Maculinea teleius), l'Azuré des paluds (Maculinea nausithous) et l'Azuré de mouillères (Maculinea alcon) éguayent encore quelques marais de France, mais pour combien de temps ?

Les papillons adultes pondent, en juillet-août, dans les capitules de jeunes plantes de la Grande Pimprenelle (Sanguisorba officinalis) pour les deux premiers et sur la corolle de la Gentiane pneumonanthe (Gentiana pneumonanthe) pour le troisième. Les jeunes chenilles se nourrissent aux dépens des pièces florales : étamines, pistils, rachis. Quelques semaines plus tard, les chenilles se laissent tomber au sol. Leur survie dépend alors de leur adoption par des fourmis rouges du genre Myrmica.

Chaque Maculinea ne peut s'associer qu'avec une fourmi particulière : l'espèce Myrmica rubra pour l'Azurée des paluds, l'espèce Myrmica scabrinodis pour l'Azuré des mouillères. La chenille ne laisse rien au hasard. En effet, elle possède une glande sur le dessus de l'abdomen qui secrète un miellat sucré, fort apprécié des fourmis. En outre, la chenille émet une odeur qui semble inhiber les instincts carnassiers de l'hyménoptère. Transportées dans la fourmilière, les chenilles de nos Maculinea vont se nourrir du couvain (les oeufs et les larves) de l'hôte. La chrysalidation a lieu en mai-juin de l'année suivante et le papillon adulte éclot en début d'été. Il sort de la fourmilière tôt le matin, profitant d'une relative tranquilité des fourmis. Cette sortie présente un risque réel pour le papillon, qui peut alors fort bien être consommé comme une proie banale.

La complexité d'un tel cycle, faisant intervenir trois partenaires, explique la précarité des populations des Maculinea partout en Europe. Les marais peuvent être drainés, ce qui élimine la plante-hôte ; même protégés, ils évoluent vers le boisement s'ils ne sont pas entretenus. Lorsque le milieu se ferme, les papillons ne trouvent plus les conditions nécessaires à la ponte. Il faut donc mettre en place une gestion du marais qui tienne compte des exigeances des trois partenaires.

LES ODONATES



Libellule déprimée
(Libellula depressa) Anisoptère



Larve de libellule - Anisoptère

Les libellules (ou odonates) représentent un élément important de la faune des milieux aquatiques. Comme prédateurs, elles jouent un rôle non négligeable dans la régulation d'une partie des invertébrés de ces biotopes. Comme proies, elles contribuent au maintien d'autres espèces animales (oiseaux par exemple). C'est pourquoi les libellules sont de bons indicateurs de la richesse faunistique des eaux douces.

C'est à l'état adulte que l'on connait le mieux les odonates. La grande majorité des libellules volent en plein jour. Les adultes se déplacent presque exclusivement à l'aide de leurs ailes ; ce sont des voltigeurs hors pair. Leur vol se remarque par une extrême aisance et leur rapidité. Les plus grosses libellules peuvent atteindre 40 kilomètres à l'heure. Elles peuvent planer, puis brusquement changer de direction, pratiquer des virages sur l'aile, exécuter du "sur place" ou même voler en arrière...

Les libellules sont d'actifs carnivores. Les adultes s'attaquent tout spécialement aux insectes volants. La dimension de leurs proies, très variable, est proportionnée à la taille de la libellule et à ses pièces buccales. Leurs très gros yeux, constellés de
10 000 à 30 000 facettes, et l'extrême mobilité de leur cou, permettent aux libellules de voir dans toutes les directions et de repérer une proie dans un rayon d'environ 20 mètres. Il existe deux types de comportements de chasse : à l'affût à partir d'un support, ou au vol. Dans le premier cas, l'insecte posé sur un perchoir, s'élance vers la proie repérée, s'en empare à l'aide de ses pattes antérieures et de ses mandibules, puis revient le plus souvent à son point de départ pour consommer sa victime. Dans le second cas, qui intéresse surtout les odonates de grande taille, les proies sont attaquées et dévorées en plein vol.

LES ARAIGNÉES

La Dolomède (Dolomedes fimbriatus)


Toile-nurserie de Dolomedes fimbriatus


Toile-nurserie de Dolomedes fimbriatus
avec jeunes araignées

Dans le marais de Lavours, on recense actuellement plus de 180 espèces, soit presque 12% de la faune française. On y trouve des espèces qui sont parmi les plus grosses d'Europe : l'Argiope fasciée et les dolomèdes qui peuvent dépasser les 2 cm.

Les araignées sont toutes carnivores. Elles capturent leurs proies (insectes, araignées) de façon très variée selon les espèces. Certaines sont diurnes et d'autres nocturnes. Les unes construisent une toile géométrique bien régulière. Elle peut être située à différents niveaux dans la végétation, être verticale ou inclinée et de taille variable. D'autres espèces font une toile en nappe horizontale surmontée d'un réseau de fils entrecroisés, d'autres encore une simple petite nappe tendue sur une micro-dépression du sol. Divers types de toiles existent encore, mais surtout, beaucoup d'araignées n'en constituent pas.

Les unes chassent "à courre" en se précipitant sur les proies qu'elles rencontrent au hasard de leurs déplacements. Il y a aussi celles qui chassent "à l'affût", en se postant sous la corolle d'une fleur ou dans un recoin du sol en attendant l'arrivée d'un insecte. Enfin, les salticides ou araignées sauteuses repèrent une proie dont elles vont s'approcher très lentement jusqu'à être à portée de saut et bondir sur leur victime.

Par cette multiplicité des modes de prédation et par leur grand nombre d'espèces et d'individus, les araignées jouent un rôle très important dans le fonctionnement des écosystèmes terrestres et en particulier sur la régulation des populations d'arthropodes.